Partager l'article ! L'industrie pharmaceutique parie sur les anticorps monoclonaux: Les groupes pharmaceutiques ont multiplié les acquisitions pour prendre leur par ...
Les groupes pharmaceutiques ont multiplié les acquisitions pour prendre leur part du marché des anticorps monoclonaux. Efficaces dans des domaines difficiles comme les cancers et bien tolérés, ils génèrent des ventes importantes.
A côté des vaccins et des protéines thérapeutiques, les anticorps monoclonaux suscitent aujourd'hui toutes les convoitises. Ils ont donné lieu ces dernières
années à des vagues de rachats portant tantôt sur des produits, tantôt sur des entreprises entières quand elles disposaient à la fois d'un « pipeline » de produits et d'une
plate-forme technologique capable d'en générer d'autres. Ces dernières années, le rachat d'Abgenix par Amgen pour 2,2 milliards de dollars, et de MedImmune par AstraZeneca pour
15,2 milliards de dollars sont des exemples emblématiques de ce mouvement, tout comme l'acquisition d'ImClone par Lilly pour 6,5 milliards de dollars ou encore de Medarex par BMS pour
2,4 millions de dollars.
C'est aussi dans ce mouvement que s'inscrit l'acquisition récente d'Humalys par Vivalis , même si l'échelle n'est pas la même. Et les groupes pharmaceutiques qui se sont lancés plus tard dans la course multiplient, eux aussi, les initiatives, comme Sanofi-Aventis avec Regeneron, Alopexx ou Kalobio, pour tenter, malgré tout, de prendre pied sur ce marché.
Croissance rapide des ventes
Les raisons de cet engouement sont à chercher dans la croissance rapide des ventes de ces produits.« Alors que le marché pharmaceutique en général ne devrait progresser en moyenne que de 1,1 % par an, selon les prévisions les plus optimistes, pour atteindre 519,5 milliards de dollars en 2014, celui des anticorps monoclonaux devrait connaître un taux de croissance annuel de 10,3 % », explique John Bird, analyste chez Datamonitor. Le chiffre d'affaires des anticorps monoclonaux devrait ainsi atteindre 58 milliards de dollars en 2014 contre 32,3 milliards de dollars en 2008.
Ces produits, en effet, ne manquent pas d'atouts. En premier lieu, ils sont efficaces, et dans des domaines où il y a de réels besoins non satisfaits, comme la cancérologie ou les maladies inflammatoires invalidantes. « En outre, les progrès réalisés dans leurs méthodes d'obtention permettent maintenant de disposer d'anticorps purement humains, donc beaucoup mieux tolérés », observe Stéphane Tarnis, chargé de mission au cabinet Bionest.
Aujourd'hui, cinq produits se partagent près de 80 % du marché mondial, avec des ventes supérieures à 4,5 milliards de dollars en 2008 : Rituxan, Avastin et Herceptine (Roche), Remicade (J&J) et Humira (Abbott). Ils ont indéniablement bénéficié d'une « prime au premier », combinée à des stratégies systématiques d'élargissement des indications. En 2014, selon des prévisions de Datamonitor, leur poids devrait néanmoins redescendre autour de 60 %. Même si le chiffre d'affaires moyen par produit diminue, cela laisse la place à quelques autres beaux succès.
Pas de copies possibles
Selon John Bird, au moins cinq autres produits actuellement en développement ont un potentiel de « block-buster » (chiffre d'affaires supérieur à 1 milliard de dollars). D'autant que les anticorps monoclonaux ne devraient pas subir la concurrence des biosimilaires avant 2016, estime John Bird. « Une série d'obstacles tant juridiques (brevets solides) que techniques (processus de production complexe) ou réglementaires rend en effet pour l'instant leur copie quasiment impossible », confirme Stéphane Tarnis. Pas étonnant, dans ces conditions, que les groupes pharmaceutiques se soient précipités vers ces produits.
Alors qu'en 2002 seuls 56 % des ventes d'anticorps monoclonaux provenaient des groupes pharmaceutiques, en 2009, ils détiennent selon Datamonitor, près de
90 % du marché.
Source: Les Echos