Lundi 21 septembre 2009 1 21 /09 /Sep /2009 17:20
Des millions de doses de vaccins ont été commandées aux différents laboratoires pharmaceutiques, qui ne pourront que livrer au compte-gouttes: le rendement des souches n'est pas performant, ce qui permet à de nouvelles techniques de fabrication de voir le jour.

Les usines des fabricants tournent à plein régime, et n'arriveront pas à livrer à temps: le suisse Novartis ne pourra livrer que 6 à 10 millions de doses aux Pays Bas fin octobre au lieu de 20 millions commandés, Sanofi Aventis ne pourra livrer que fin novembre ses doses, et la France avec ses 94 millions de doses commandées (1 milliard d'euros) ne sera probablement pas livrée dans les temps par Novartis, GSK et Sanofi Pasteur.

La faute incombe à la souche transmise par l'OMS (l'Organisation Mondiale de la Santé) aux laboratoires pharmaceutiques. La souche injectée dans les oeufs (technique la plus utilisée) ne se multiplie pas aussi bien et rapidement que d'autres souches. Le rendement est moindre, et cela engendre ainsi des retards, la fabrication étant plus faible que prévue.

Pour sortir de cette impasse, les laboratoires ont misé sur des adjuvants qui augmentent la réponse du système immunitaire des individus: on peut ainsi diminuer la quantité de matériel viral dans les doses, et ainsi produire plus de doses.

GSK est celui qui a misé dès le départ sur les adjuvants, Sanofi Pasteur en teste un actuellement en phase clinique. Le besoin jusqu'à présent ne se faisait pas sentir, les laboratoires recevaient plus tôt la souche de la grippe saisonnière et avaient le temps de produire les doses.

Il faut aussi considérer le fait, que les commandes sont très supérieures à celles d'une grippe saisonnière, il faut donc trouver des capacités de production supplémentaires. Ces retards de livraison ont mis en avant la grande technique concurrente, qui utilise des cellules en culture à la place des oeufs pour multiplier le virus.
L'américain Baxter a été le premier en juillet dernier, à proposer des doses de vaccins fabriquées par ce process sur son site dédié en République Tchèque. Cette technique est cependant onéreuse, mais d'autres laboratoires explorent cette voie, et notamment Novartis avec une unité à Marburg en Allemagne. Le laboratoire Belge Solvay vient d'être validé par les autorités néerlandaises pour son usine de Weesp aux Pays-Bas.

Une autre technique voit également le jour: il s'agit de produire des faux virus, appelés VLP (Virus Like Particles). Ces particules sont des coquilles vides, mais induisent une réponse du système immunitaire: l'américain Novavax a développé cette technologie pour la grippe saisonnière.

Toujours sur le concept de VLP, l'entreprise québécoise de biotechnologies Medicago a décidé de produire les protéines virales de ce VLP en quelques jours en utilisant des feuilles d'une plante de la famille du tabac.

Plus besoin d'usines complexes, une grande serre (5000m²) suffit, les protéines de virus sont fabriquées au niveau des feuilles en cinq jours.

D'ailleurs Medicago compte installer des petites unités dans le monde, avec un premier site de production en 2010 en Inde et en France (Evry).



Infectious influenza virus with surface antigens, lipid membrane, internal proteins and genetic material

 

 

 

 


Medicago's VLP is a non-infectious and a more efficient way of presenting antigens to the immune system

 

 

 

 

 

 

 

Par CB - Publié dans : Actualités de la Pharmacie - Communauté : Pharmacie et Cosmétique
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