Jeudi 6 novembre 2008
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Bionest Partners, cabinet spécialisé dans
le conseil aux sociétés pharmaceutiques et de biotechnologies, vient de se pencher sur la question à travers une enquête intitulée "Stratégies pour l'innovation pharmaceutique".
On constate depuis quelques années que le nombre de molécules validées par la FDA est en recul (14 en 2007, à comparer aux moyennes de 30 à 40 dans
les années 1990).
Ce nombre traduit la capacité à innover de l'industrie pharmaceutique, et à la productivité de sa R&D, car les coûts de développement se sont
envolés en parallèle...
"Et si la crise actuelle avait finalement des conséquences positives pour les laboratoires et leur potentiel d'innovation?"
Claude Allary, directeur général de Bionest Partners et Julian Ozdowski, senior manager, s'attachent à analyser les transformations profondes de
l'innovation pharmaceutique, notamment grâce à des accords de portée considérable avec les entreprises de biotechnologie.
L'Industrie pharmaceutique est aujourd'hui en pleine mutation. Elle traverse une "crise de l'innovation" caractérisée par la diminution drastique
de la productivité de sa R&D et de la mise sur le marché de nouvelles molécules.
La diminution de la capacité d'innovation des big pharma menace leur performance économique à court et long termes, la crise ayant été aggravée par
une évolution défavorable de facteurs externes (pression des payeurs, des autorités réglementaires et des génériques...). Cette situation a conduit lindustrie pharmaceutique à adapter sa
stratégie et son organisation pour préserver ses revenus et sa capacité à générer et financer l'innovation, pillier de son business model en pleine mutation.
Mais les big pharma ont de la ressource et Bionest Partners propose quelques solutions intéressantes:
Les stratégies des big pharma face à la
crise:
D'un point de vue général, la stratégie de défense des big pharma pour regagner leur leadership en matière d'innovation a été double:
A court terme, rechercher les moyens de combler leur pipeline avec des produits rapidement commercialisables, focaliser leur effort sur les
segments à forte valeur ajoutée, réduire les coûts et développer une tactique pour répondre rapidement aux attentes des agences et accélérer la commercialisation de leurs molécules;
A plus long terme, rebâtir leur pipeline à tous les stades de développement à travers des partenariats ciblés de plus en plus early stage,
structurer les deals de façon innovante pour partager les risques entre partenaires et intégrer les nouvelles technologies pour accélérer leur cucles R&D.
Sur le court terme:
Acquisition de sociétés biotech et de produits late stage:
Pour les big pharma, les fusions acquisitions avec les biotechs et l'acquisition de produits late stage ont constitué la première vague de réaction
face à l'expiration des brevets. Mais les coûts d'acquisition ont flambé avec la raréfaction des cibles ou produits. Cette surenchère ne devrait pas baisser tout de suite.
Montée en puissance de la médecine de spécialité:
Une autre tactique des laboratoires consiste à focaliser leur portefeuille sur les produits de spécialité qui ont contribué à 62% de la croissance
en 2006. Ces médicaments sont très rentables, car ils atteignent un haut niveau de remboursement et ne sont pas soumis à la même baisse que les médicaments de la médecine générale.
Le secteur des biotechnologies est bien entendu concerné par cette tendance au détriment des médicaments issus de la chimie.
Nouvelles stratégies des essais cliniques:
La stratégie et le design des essais cliniques jouent aussi un rôle essentiel pour valoriser les molécules innovantes et établir un standard
de référence. [...]
Même si le design des essais cliniques ne pare pas complètement au déficit de l'innovation d'un laboratoire, cette tactique permet de positionner
solidement une molécule sur le marché et obliger les concurrents à démontrer une innovation incrémentale par rapport au meilleur standard et non plus en référence au placébo ou au traitement
historique, ce qui reste plus difficile.
Diversification des activités:
La diversification des activités constitue une stratégie additionnelle pour faire face à la crise et notamment les vaccins qui réprésentaient en
2007, près de 15,6 milliards de dollars de CA.
Sur le moyen et le long terme:
Montée en puissance et structuration des deals early stage:
L'évolution la plus marquante est constituée par la montée en puissance et structuration de plus en plus complexe des deals early stage
(pré-clinique / Phase II), dans une véritable logique de partenariat entre les big pharma et leurs cibles. Ces partnerships sont devenus en très peu de temps partie intégrante de la stratégie
corporate des big pharma et une marque de fabrique de l'industrie.
Changement d'orientation stratégique des deals:
Les royalties ne sont plus aujourd'hui le nerf de la guerre. L'enjeu majeur des big pharma est d'accéder à l'innovation et de remplir le pipeline.
Les montages financiers deviennent également complexes et complètent les dispositifs.
Réduction des risques à travers les partenariats entre big pharma:
On peut noter des partenariats à plus grande échelle, directement entre big pharmas, qui paraissent plus structurants pour améliorer la capacité
d'innovation et réduire les risques de développement, notamment dans les pathologies généralistes.
Un nouveau modèle de R&D externalisé:
Passage d'un modèle R&D vertical intégré vers un modèle transversal et externalisé:
On gagne avec ce modèle en réactivité et en capitalisation de plusieurs compétences.
Intégration et développement des nouvelles technologies:
L'approche systémique de la biologie et de la découverte des médicaments à travers les outils de génomique et protéonique est en train de
révolutionner les processus de développement des nouvelles molécules.
Par CB
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Publié dans : Actualités de la Pharmacie
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