Mardi 4 novembre 2008
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Jean-Luc Bélingard, ancien des laboratoires Pierre-Fabre et Roche, est le PDG d'Ipsen depuis
2002. Il a profondément réorganisé le numéro 3 français de la pharmacie.
Changement de cap radical pour le laboratoire pharmaceutique familial Beaufour-Ipsen. Nouvelle direction, recentrage sur les médicaments de spécialité aux dépens de ceux de médecine générale,
internationalisation, introduction en bourse, simplification de nom pour pouvoir être prononcé dans toutes les langues.
En quelques années, l'entreprise octogénaire a radicalement bousculé son modèle historique pour s'adapter à un environnement réglementaire et scientifique en profonde mutation. Arrivé aux
commandes en 2002, Jean-Luc Bélingard, un ancien des laboratoires Pierre-Fabre et Roche, a réorganisé à marche forcée le numéro 3 français de la pharmacie. Car le temps presse. En trois ans, la
baisse de prix et les dérembrousements subis en France par ces principaux produits (Tanakan(r), Ginkor(r)) se sont soldés par un manque à gagner cumulé de 50 millions d'euros! Et la volonté
affichée des pouvoirs publics de réduire le déficit de la sécurité sociale pousse l'industrie à anticiper de nouvelles mesures d'économie sur le poste médicaments.
Les Beaufour ont choisi une stratégie radicalement différente des autres laboratoires héxagonaux, qui ont préféré se vendre à des laboratoires étrangers (Fournier, Upsa, Bouchara, Lafon,
Theramex, etc..): se réinventer:
En 2002, confier la direction à un vétéran du secteur extérieur à la famille, Jean-Luc Belingard.
Les changements et les orentations du nouveau PDG sont nombreuses:
Refonte du conseil de direction avec l'arrivée de nouvelles têtes venues de l'extérieur (Bristol-Myers Squibb, Novartis, Valéo, Vallourec),
Recherche revue de fond en comble: repositionnement sur les technologies de délivrance des médicaments (formule retard, patch), savoir-faire biotechnologique (protéines et peptides),
Le groupe se détourne de la chimie, vente des droits d'exploitation de médicaments déremboursés (Ginkor(r) par exemple.
Le groupe axe son activité sur les médicaments de spécialité: cancer, endocrinologie, désordres neuromusculaires, etc.. Certaines spécialités sont encore négligées par les grands groupes
pharmaceutiques et les laboratoires obtiennent des prix corrects sans recourir à des réseaux de vente très étoffés.
D'après les Enjeux, les médicaments de spécialité représentent aujourd'hui 60% du CA d'Ipsen (920,2 millions d'euros en 2007). Cette orientation s'effectue au détriment de la médecine générale
(gastroentérologie, troubles circulatoires...) qui ne pèse plus que 40% du chiffre d'affaire contre 60% en 2002.
Les récentes découvertes dans les biotechnologies exigent toutefois une évolution dans les méthodes et l'organisation de la R & D, séparées désormais en deux entités distinctes. La découverte
d'une part, et le développement jusqu'à l'enregistrement, d'autre part.
Pour simuler leur créativité, les équipes de développement maison et les partenaires externes sont mis en concurrenc quitte à ce que les projets internes qui ne répondent pas à ses nouvelles
priorités thérapeutiques soient cédés à des tiers.
Ipsen a mis l'accent sur la recherche et a augmenté son budget: celui-ci est passé à 20% du CA du groupe.
Ipsen s'associe également à des sociétés de biotechnologie ou des grands de la pharmacie, des laboratoires universitaires, etc.. pour se positionner sur les maladies négligées par le secteur
pharmaceutique.
Le pari semble gagné, avec l'accélération du renouvellement de son portefeuille, Ipsen a réussi le lancement depuis 2006 de trois nouveaux médicaments (Somatuline(r), Nutropin(r) et Increlex(r))
qui réprésentent aujourd'hui 230 millions d'euros de CA (d'après les Enjeux).
La diversification du portefeuille est également accompagnée par l'arrivée du groupe pharmaceutique sur de nouveaux marchés géographiques: Irlande, USA, Russie, Chine,... L'objectif est de
doubler la part de l'international en 2012 (80% du CA).
Pour réaliser tous ces chantiers, Ipsen a trouvé ses moyens en s'introduisant en Bourse.
D'après un article des Enjeux Juillet-Août 2008
Voir aussi article: "IPSEN confirme la hausse de ses objecifs"
Par CB
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Publié dans : Actualités de la Pharmacie
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