Jeudi 27 novembre 2008
Les richesses de la mer sont peu connues aujourd'hui et peu exploitées. La richesse biologique des organismes marins attire les industriels.

Quelques chiffres (Souce L'Usine Nouvelle):
240 000 espèces marines ont été décrites à ce jour (contre 1,4 millions d'espèces repertoriées sur Terre)
Proteus, une PME nîmoise, a réuni une collection de plus de 7000 micro-organismes des grandes profondeurs
Près de 5500 km de côtes à explorer en France, et 1500 km dans les DOM-TOM.

Des solutions salines pour les rhinites à l'AZT contre le Sida, en passant par les ant-cancéreux, les traitements ne manquent pas. Nous sommes loin d'avoir exploiter les possibilités offertes par la mer. L'ancêtre lointain des hommes était un poisson, et l'immunité de certaines espèces marines doit être applicable à l'homme.

D'ailleurs un laboratoire espagnol PharmaMar s'est spécialisé dans ce domaine et a accumulé plus de 50 000 organismes marins. Son premier médicament anti-cancéreux va bientôt être commercialisé en Europe: il a été isolé d'un tunicier, un petit invertébré qui vit en colonies dans les fonds des Caraïbes.

La France dispose d'un domaine maritime particulièrement important, avec près de 5500 km de côtes en métropole et plus de 1500 km dans les DOM-TOM, trois mers et un océan. Il y a donc de la matière.

C.Ris Pharma, par exemple, une PME de Saint-Malo étudie la Roussette, un petit requin qui présente des caractéristiques immunitaires intéressantes: il pourrait être une source de molécules anti-infectueuses et anti-cancéreuses. "Le requin développe peu de cancers. A partir de ce modèle, nous avons construit une banque de plusieurs centaines de molécules, et nous en étudions 50 avec des propriétés intéressantes", indique Pierrick Auvray, le dirigeant de la société.

De la même manière, Hémarina à Morlaix, travaille sur l'hémoglobine d'un ver marin, avec plusieurs applications dans les pansements actifs, la préservation d'organes ou encore pour un substitut sanguin.

Ces PME françaises ont du pain sur la planche: on décrit chaque année 16000 nouvelles espèces. Ils en restent encore quelques millions à découvrir...

La mise en réseau de ces entreprises facilitent le recoupage des programmes de recherche (avec par exemple le réseau Mer Bretagne) mais cela demeure insuffisant et ne simplifie pas la récolte de nouvelles espèces qu'il faut parfois chercher dans les grandes profondeurs (plus de 6000 m).
Les moyens doivent être adaptés, mais cela vaut le coup.

Ce qui fascine les scientifiques, ce sont les mécanismes de défense contre les prédateurs des organismes marins fixés (certaines algues, les éponges...). Ceux-ci vont secréter des molécules avec de très grande quantité d'antibiotiques, anticancéreuses, etc.. Par exemple, l'AZT est extrait d'une éponge dans les Caraïbes et participe au traitement contre le SIDA.
ManRos Therapeutics (société française) étudie les protéines des éponges, certaines de celles-ci pourraient traiter des maladies neurologiques, comme la maladie d'Alzheimer.

Un autre phénomène surprend les chercheurs: certaines espèces vivantes arrivent à se développer dans des environnements marins extrèmes: fosses hydrothermales où une eau à 400°C sort dans une eau à 2°C, environnement hypersalé de la Mer Morte, etc..

Proteus, PME nîmoise utilise le savoir faire et le matériel de l'IFREMER pourtrouver de nouveaux organismes vivants à plus de 6000 m de profondeur; cette société a déjà une collection riche de 7000 micro organismes. Il faut maintenant trouver des caractéristiques intéressantes pour les industriels de la pharmacie et de la cosmétique. Après 10 ans de R&D, la société Goëmar, à Saint-Malo, a identifié dans des algues un principe actif capable de simuler les défenses immunitaires des plantes: le temps des fongicides chimiques arrive à sa fin. D'autres usages des algues évitent l'utilisation des antibiotiques pour l'élevage des poissons, grace aux découvertes de la société Algénics.

La mer nous dévoilera ces prochaines années ces biotechnologies bleues et rendra obsolètes les médicaments de nos armoires à pharmacie.
Pour compléter l'article, vous pouvez également aller sur les sites suivants de deux entreprises biotech bretonnes:

Seadev à Brest - www.seadev.fr





Polymaris à Morlaix - www.polymaris.com
Par CB - Publié dans : Biotechnologies - Communauté : Pharmacie et Cosmétique
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