Les premiers cas de dopage génétique pourraient apparaitre dès les JO de Londres, selon l'Agance mondiale contre
le dopage.
Nous ne sommes pas loin de rejoindre la science fiction: avec l'aide de la génétique, nous pourront bientôt produire des athlètes améliorés, plus
endurants, plus forts, plus rapides, etc.. "Les gènes contrôlent le fonctionnement des cellules musculaires, la production des cellules sanguines et la façon dont le corps utilise l'énergie.
Plusieurs d'entre eux peuvent déjà être manipulés sans trop de difficulté." Selon le professeur Theodore Friedmann, directeur du programme de thérapie génique à l'Université San Diego, le
dopage génétique sera bientôt à portée de seringue. "Les méthodes sont plus ou moins les mêmes que celles utilisées en médecine générale pour soigner des certaines maladies génétiques. La
probabilité de voir prochainement des tentatives de dopage génétique est très élevée."
L'agence mondiale contre le dopage (Wada) organise tous les deux ans des séminaires scientifiques. Le dernier s'est déroulé en juin à Saint Petersbourg,
le thème abordé cette année était "l'amélioration de l'être humain (human enhancement). Le constat a été sévère: "Les techniques de transfert de gène utilisées à des fins thérapeutiques ne
sont pas totalement matures, mais elles peuvent déjà servir le dopage." Tout en prévenant les médecins contre des pratiques illicites, la Wada admet l'imminence de ces dérives
biologico-sportives.
Le problème réside souvent dans l'avance possédée par les tricheurs sur les organisations chargés de contrôler les sportifs. Il est parfois difficile de
vérifier si certains soins sont prodigués pour guérir des maladies ou des accidents ou pour préparer le corps à des performances "hors norme".
Les priorités sont données sur le contrôle de l'expression des gènes qui produisent des protéines stratégiques pour la performance:
hormone de croissance,
EPO,
IGF,
Etc..
La Wada a même lancé un programme de recherche de 7 millions de dollars pour contrer les futurs tricheurs. Selon Theodore Friedmann, deux techniques détournées de la médecine officielle sont particulièrement attrayantes pour les sportifs tricheurs: les
produits utilisés pour lutter contre les dystrophies musculaires et les molécules de correction de certains déficits hématologiques.
Les effets secondaires de ces molécules sont mal évalués et mettent en péril les jeunes athlètes en bonne santé traités. Peut-on encore lutter contre
ces tricheries avérées? Des substances de synthèse injectées dans le sang sont facilement détectable. En revanche, la mise en évidence d'une surproduction endogène de facteurs
de croissance musculaire ou hématopoïétique est plus délicate. Un athlète génétiquement modifié (AGM) pourra se justifier en prétendant que la nature l'a doté d'un physique
exceptionnel. Heureusement, les manipulations génétiques laissent souvent des traces détectables dans l'organisme. Les chercheurs se concentrent donc sur la détection
de ces traces pour démasquer les tricheurs. Malheureusement, les fraudeurs font tout pour avoir une longueur d'avance. C'est le cas notamment d'une nouvelle EPO retard développée par le
laboratoire pharmaceutique Amgen pour soigner les anémies.
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